Des découvertes archéologiques montrent que le premier jour du printemps était célébré même il y a quelques millénaires! A l’époque de nos ancêtres, les Daces confectionnaient des amulettes de printemps pendant l’hiver – de petites pierres rouges et blanches sur un fil – qu’ils portaient après le 1er mars. Elles symbolisaient la fertilité et la beauté, pouvant même prévenir les brûlures du soleil. On les portait jusqu’à ce que les arbres fleurissaient, puis on les suspendait sur les branches.
D’autres sources mentionnent qu’à l’origine, les martisoare étaient des pièces d’or, d’argent ou de bronze – selon le statut social de la personne – enfilées sur de la laine noire et blanche. Elles symbolisaient la lutte de la vie contre la mort, de la santé contre la maladie, étant destinées surtout aux personnes plus sensibles – aux enfants et jeunes filles – pour leur apporter du bonheur et de la chance.
A la fin du 19e siècle, les parents donnaient un martisor aux enfants, filles et garçons, avant l’aube. Tout comme dans l’antiquité, c’étaient des pièces de monnaie attachées par un fil à la main, au cou ou portées comme des broches. Le moment où l’on renonçait au martisor marquait la transition de l’hiver au printemps. En Moldavie, la tradition permettait aux femmes de donner de petits cadeaux de ce genre aux hommes. En Bucovine et en Moldavie on les portait pendant 12 jours, puis on les attachait dans les cheveux jusqu’à une autre fête du printemps, jusqu’à ce que le premier arbre fleurissait ou bien jusqu’à l’arrivée des cigognes. Une autre pratique était également très répandue – les jeunes filles attachaient le fil coloré à une rose et s’achetaient du fromage avec la pièce de monnaie, pour avoir le visage blanc et beau tout le long de l’année.